Actualité handicap

Handicap psychique dans les médias : stop à la stigmatisation !

Vivre FM - 22 mai, 2017 - 09:49

30 aout 2016. Touche pas à mon poste, l’émission adorée par les jeunes sur C8, diffuse une bande annonce réunissant tous les préjugés sur le handicap psychique. Pendant 59 secondes, on y voit les animateurs de Cyril Hanouna cloitrés dans une chambre aux murs blancs immaculés munis de camisoles, criant, se débattant, se grattant les cheveux… Tous les stéréotypes possibles sur le handicap psychique sont réunis en quelques secondes.

Une vidéo qui a rapidement suscité l’indignation du côté des personnes en situation de handicap. Deux associations ayant pour but de déstigmatiser le handicap psychique  ont réagi : l’Unafam (l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques) et le Clubhouse France. Dans sa lettre ouverte à Cyril Hanouna, Lucie Caubel de Clubhouse France dénonçait le fait que les personnes handicapées psychiques « s’en prennent plein la gueule » régulièrement dans les médias.

 

Une stigmatisation systématique

Ce sont près de 5 % des français qui souffriraient d’un handicap psychique. C'est-à-dire d’un trouble obsessionnel compulsif, de bipolarité, de dépression ou de schizophrénie. Cela représente environ 3 millions de Français selon l’Unafam.

 

Vocabulaire imprécis, raccourcis hasardeux, stéréotypes… Le handicap psychique est régulièrement source de stigmatisation dans les médias. Cela est dû à une mauvaise connaissance du sujet dénoncée par certaines associations comme l’Unafam. Bien trop souvent, on aborde le handicap comme un danger pour notre société. La personne handicapée peut porter atteinte à autrui et donc être dangereuse, mais on ne parle que très rarement de la souffrance que subit cette personne en situation de handicap. Le handicap dans les médias se limite à la rubrique « Faits divers », peu flatteuse pour un sujet de société aussi important.

 

Néanmoins, pour Gregory Derville, maitre de conférences en sciences politiques à l’université Lille 2 et auteur de l’ouvrage Le pouvoir des médias, ce n’est pas une grande surprise : « Les journalistes sont comme tout le monde, plongés dans une société dont ils partagent les mêmes préjugés et stéréotypes que les parents, les enseignants, ou les élus. Il y a donc une forte chance que les journalistes aient une vision réductrice du handicap psychique, comme le reste de la société. »

 

 

Un cercle vicieux qui conduit à une vision du handicap psychique qui est totalement faussée auprès du téléspectateur.

Des critères télévisuels à respecter

Dans son rapport, La médiatisation des handicapés en France : l’exemple des programmes des chaines de télévision, le sociologue Matthieu Grossetête nous livre une réflexion intéressante du « montrable » à la télévision. Il rappelle que la télévision est « une société du beau », il n’est donc pas envisageable de montrer, ou en tout cas trop régulièrement, des personnes bavant, amputées, ou tout simplement obèses. Pour ce qui est du handicap psychique, la réflexion est la même. Les chaines de télévision ne veulent pas montrer des personnes qui peuvent changer subitement de caractère, s’énerver contre le présentateur, ou bien halluciner pendant une émission. Mais cela, encore une fois, n’est souvent qu’une vision déformée de la réalité. Nombre de personnes en situation de handicap psychique ne presentent aucun de ses symptômes ou savent les gérer.

 

Malheureusement, le spectateur a adopté cette vision stéréotypée du handicap psychique.  C’est ce qu’avance en partie Grégory Derville, « le spectateur a du mal à s’identifier aux acteurs et aux organisations dont on lui parle dans les médias. Les groupes sociaux comme les chômeurs, les prisonniers… sont des groupes qui ont également des difficultés à être représentés dans les médias parce que le grand public ne s’y reconnait pas. On n’a pas envie de se dire que l’on peut être un jour chômeur, sans domicile… ». Le téléspectateur a donc finalement envie de voir des sujets positifs, mais également moins complexes.

Un sujet trop complexe pour une grande partie des téléspectateurs

Selon Dominique Andreani, présidente déléguée de l’Unafam en Corse, le handicap reste un sujet complexe, notamment par sa diversité. Les auditeurs n’ont donc bien souvent pas toutes les cartes en mains pour comprendre les nuances entre un handicap mental et un handicap psychique.

Pourtant, « toutes les questions de santé sont très appréciées », toutefois, elle souhaiterait que l’on parle plus du handicap psychique dans les médias, car c’est une vision faussée qu’a le téléspectateur. « Le beau est aussi dans le parcours qu’opèrent les personnes handicapées tout au long de leur vie. Parler du handicap, et quel qu’il soit, nous amène à plus d’humanité ».

 

Dans ce cas, quelles sont les solutions possibles ? Pour améliorer l’image du handicap psychique, l’Unafam a mis en ligne des plaquettes explicatives à destination des journalistes mais aussi du grand public.

 

 

Mais pour Grégory Derville, le problème vient, peut-être, également du manque de professionnalisme de ces associations en matière de communiqués de presse. « Il est très probable que ces associations disposent de beaucoup moins de moyens, de ressources, et je ne parle pas seulement d’argent, mais aussi en terme de logistique, en terme de maitrise de la communication, de connaissance des logiques médiatiques et la manières dont les journalistes et les rédactions fonctionnent. C’est tout un ensemble de facteurs qui sont fondamentaux. Il faut pouvoir faire un communiqué qui soit déjà presque identique à ce que les journalistes écrivent, et ça ce n’est pas donné à toutes les organisations ». 

 

L’évolution de la pensée passe également par l’organisation de colloques. Déstigmatiser le handicap, c’est le souhait de Vivre FM qui vous propose de suivre le colloque Handicaps et Médias qui aura lieu le 29 juin. Une journée entière où spécialistes, professionnels et personnes handicapées discuteront, ensemble, sur la visibilité du handicap dans les médias.

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1 janvier, 1970 - 02:00
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