Vivre son handicap au travail : les relations avec les autres

Bien que la loi de 2005 ait changé la donne en matière d’insertion professionnelle, le manque d'information rend encore les entreprises méfiantes vis-à-vis des travailleurs handicapés. Par ailleurs des efforts ont été faits afin que les entreprises prennent davantage en compte le handicap dans leur stratégie managériale. Pourtant il apparaît comme évident que les salariés en situation de handicap vivent le travail comme le fondement de leur vie sociale. Souvent ils sont très investis professionnellement, ils ressentent le besoin de faire encore plus  leurs preuves. Dans de nombreux cas le travailleur handicapé essaye de minimiser la situation, pourtant il est important d’aborder son handicap et ce, dès le premier entretien d’embauche et ce ensuite durant tout son parcours professionnel au sein de l’entreprise. Il est en effet conseillé de présenter son handicap, d’expliquer les contraintes qu'engendre la maladie, sans rentrer dans les détails de sa vie privée pour autant. Il faut savoir trouver le juste milieu, le handicap ne doit pas doit devenir un sujet récurent. L’important est de parvenir à mettre en avant ses compétences et savoir montrer sa motivation.

Dans les relations avec les collègues travail, souvent les personnes en situation de handicap doivent faire face à sentiment de rejet. Aussi on peut se sentir exclu de par "sa différence". Il est donc important dès le départ d’instaurer le dialogue, de se présenter certes comme étant une personne en situation de handicap mais surtout en se présentant comme partie intégrante de la société.

Il ne faut hésiter dans ce cas à prendre conseil auprès de son responsable, les obligations d’emploi inhérentes aux entreprises ont permis en effet de former les ressources humaines à l’accueil des handicapés. Par ailleurs il est nécessaire d’effectuer un travail sur soi-même dans ses relations interpersonnelles au travail. Dans un premier temps il est important de réfléchir sur son propre mode de fonctionnement, sur sa manière de vivre son handicap. Le caractère personnel est entre autre un critère qui influence les relations et il est important de le prendre en compte. 

Savoir gérer un conflit

Dans les relations au travail, les conflits sont courants. Afin d’y mettre fin, il faut tout d’abord en trouver la cause. Les conflits de génération sont par ailleurs les plus fréquents. En effet il arrive que les juniors se heurtent aux seniors de par leurs différences en matière de méthodes de travail par exemple… pour y remédier il suffit de rétablir le dialogue. On peut également imaginer la mise en place de formations aux nouvelles technologies pour les salariés plus âgés.

Dans le cas où un conflit opposerait un salarié en situation de handicap à un autre salarié, ces recommandations sont toutes à fait adaptables. En effet on peut très bien former les salariés au handicap. Le but étant de savoir profiter de l’expérience et des conseils de chacun.

Le statut de travailleur handicapé peut susciter des conflits d’intérêts. Pour certains le mode de recrutement leur paraîtra injuste voire non éthique ! Une rivalité peut donc en naître. Le fonctionnement de l’entreprise peut s’en trouver affecté, ainsi que la qualité du travail de chacune des parties. La solution serait ici de redéfinir clairement le rôle de chacun, et dans ce cas, de faire appel au service des ressources humaines. Si la personne handicapée se retrouve au cœur d’un conflit, il ne faut pas hésiter à solliciter une discussion en tête à tête avec les personnes concernées.

Conseils pour surmonter les conflits

Afin de surmonter la crise, une seule solution : communiquer! Il est très important en cas de conflit de ne pas tomber dans le piège de la provocation, des insultes, voire des violences verbales, ou physiques…

Pour sortir de cette situation, il est nécessaire de s’en tenir aux faits, sans entrer dans des considérations affectives. La surenchère émotionnelle ne ferait qu’envenimer les choses. Il faut parvenir à maîtriser ses émotions

Toutes les solutions ont été envisagées ? La négociation a été vaine ?

Le recours à une tierce personne peut être la clé pour débloquer la situation. La médiation est une pratique très développée en Amérique du Nord que les entreprises françaises commencent à adopter. Ce tiers peut être choisi dans l’entreprise, ce peut être un délégué du personnel par exemple, mais de plus en plus de sociétés font appel à des entreprises spécialisées dans la gestion des conflits.

Commentaires

Travailler avec une personne handicapée

Recruté pour un poste de niveau technico-financier élevé dans le "service" financier d'une grande entreprise, je découvre, le jour de ma prise de fonction, que le "service" se compose de deux personnes : un homme handicapé et moi-même.
Les considérations qui vont suivre vous déplairont. Cependant, si vous aviez l'occasion de faire un audit réel des situations de handicap en entreprise (avec des collègues de travail libres de s'exprimer), vous constateriez que je suis loin d'être seul de cet avis.
Bien sûr, comme tout un chacun, je n'ai pas d'a priori contre les personnes handicapées au travail et je sais qu'on me fournira une impressionnante quantité d'exemples d'insertion réussie (ou présumée telle), mais, si j'avais été informé de la situation, j'aurais refusé le poste.
Ce n'est pas la première fois que je travaille avec un handicapé et je connais tous les problèmes et les difficultés qui en résultent pour l'entourage professionnel (curieusement, jamais pour le travailleur handicapé qui, je l'ai à chaque fois constaté, se sait protégé).
Mon collègue de travail souffre d'un handicap principal physique et de divers handicaps périphériques.
Je ne vais pas dénombrer les désagréments que m'occasionnent ses faiblesses physiques et professionnelles.
Je dirai simplement que tout ce qu'il est incapable de gérer, JE DOIS LE FAIRE. Je dois également essayer de préserver mon espace de travail --car il est parfaitement inapte à organiser son propre espace--, retrouver les documents qu'il égare, réparer ce qu'il détruit et vérifier que son travail ait bien été fait (ce qui est un comble, car il est mon "supérieur").Par la force des choses, une partie de son travail m'incombe de fait. Bien sûr, rien de tout cela n’a été prévu à mon embauche ou dans mon contrat.
Il est évident qu'un chef d'entreprise qui emploie une personne handicapée se sent auréolé de son merveilleux statut de bienfaiteur. Peut-être ne serait-il pas si mal qu'il n'abandonne pas la gestion du handicap aux autres salariés.
Cette gestion a un coût POUR MOI. La désorganisation du poste, le travail supplémentaire, etc. me coûtent CHAQUE JOUR environ 3 heures de travail supplémentaire NON REMUNERE.
En parler à la direction ?? Elle connaît parfaitement la situation et la nie. Bref, c'est moi qui ai le rôle du sale con indifférent au handicap (et les cinq personnes passées sur ce poste avant moi).
Les personnes handicapées ont le droit de ne pas faire état de leur handicap et leur situation, lorsqu'elle est connue de l'employeur, ne doit être communiquée qu'au médecin du travail.
Merveilleuse liberté !!
Et la mienne de liberté ??
Ma liberté de choisir en connaissance de cause.
Me dissimuler les conditions de travail auxquelles je serai confronté relève de la plus totale déloyauté.
Bien sûr, j'ai une période d'essai. Bien sûr, je peux partir. Mais, après une période d'attente entre le recrutement et la prise de fonction, j'ai, bien sûr, renoncé aux autres propositions (probablement moins mensongères).
Alors, bien sûr, je vais faire ce qu'ont fait mes prédécesseurs. Partir.
Mais, où j'irai, je prendrai bien soin d'expliquer ce qu'est réellement le handicap en entreprise.